La Passerelle

La Passerelle est une Régie de Quartier. Une Régie de quartier regroupe collectivités locales, logeurs sociaux et habitants du ou des quartiers qui composent son territoire. Ensemble, ils interviennent sur la gestion urbaine de cet espace géographique et social sur lequel se fonde son action.

Sa mission technique est d'entretenir, d'embellir et de veiller sur le quartier. Elle se traduit par une activité économique qui favorise l'insertion sociale et professionnelle d'habitants en difficulté et l'émergence de nouveaux services.

Les activités de la Régie sont le support d'une démarche de médiation et de sensibilisation qui poursuit auprès des habitants et des acteurs locaux une mission sociale : améliorer les relations humaines, inventer des modes de gestion urbaine partagée, et surtout construire, en suscitant l'implication et la responsabilisation des habitants, une citoyenneté active sur le territoire de la Régie.

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Vendredi 1 juin 2007 5 01 /06 /2007 18:00
Ce printemps 2007 est une saison propice aux débats. Après les élections présidentielles, vient le temps des législatives. Les régies de quartiers, avec La Passerelle, sont au cœur de nombreux territoires concernés par les questions du logement, du chômage, de l’exclusion, de l’éducation de la solidarité et du lien social, car les problèmes rencontrés prennent un relief particulier dans nos quartiers défavorisés.
Les candidat(e)s aux élections législatives ont fait acte de candidature pour effectuer des changements. Le mouvement des régies de quartier a décidé de s’adresser à elles et à eux. La  Passerelle a donc écrit aux principaux candidats des 2 circonscriptions de Colombes. Nous attendons avec impatience des réponses:

 
                                                                                          Colombes, le 1er juin 2007 
 
 
 
 
Madame, Monsieur,
 
Vous êtes candidat(e) à la députation.
 
Le mouvement des Régies de quartier et des Régies de territoire est un mouvement national fort de 130 Régies, lié au territoire sur lequel elles exercent des activités profondément ancrées dans le champ de l'Economie Solidaire que nous considérons comme un champ économique à part entière. Ces activités développent et pérennisent des actions répondant à des besoins peu ou pas satisfaits dans des quartiers qui relèvent parfois de la relégation.
 
C'est pourquoi, au nom des habitants bénévoles ou salariés, je vous propose de répondre à nos interrogations. Celles-ci traduisent la préoccupation citoyenne des Régies de quartier et de territoire qui se veulent depuis l'origine plus qu'un dispositif de l'Insertion par l’Activité Economique mais aussi un moyen d'associer les habitants à la vie de leur territoire, un outil concret de citoyenneté et de développement local :
 
            Le logement est une des grandes préoccupations, en particulier dans les territoires soumis à des ORU (Rénovation Urbaine) qui concernent environ 80 Régies . Envisagez-vous de pénaliser les communes qui sont très loin des seuils minimaux de logements sociaux ? Qu'entendez-vous, concrètement, par mixité sociale ?
 
            L'exclusion ou la discrimination ont été des thèmes agités pendant la campagne présidentielle. Que pensez-vous faire concrètement pour lutter contre les phénomènes discriminatoires qui aggravent les inégalités touchant nos quartiers ?
 
            Le chômage perdure dans nos territoires à un niveau inacceptable. Quelles mesures pratiques et rapides préconisez-vous pour créer des emplois sécurisés, plus particulièrement pour les plus de 50 ans et les jeunes n'ayant jamais travaillé?
 
            L'Ecole (de la maternelle à l'Enseignement supérieur) est souvent décriée. Que chercherez-vous à promouvoir pour qu'elle soit facteur d'égalité des chances, intégrative, porteuse de parcours qualifiants?
 
            La solidarité est souvent abstraite et ponctuelle : un don, un jour. Comment envisageriez-vous de soutenir les associations ou mouvement divers qui oeuvrent en permanence sur le terrain? Comment pensez-vous soutenir les échanges de pratiques ou les échanges culturels avec les pays d'immigration ancienne ou récente dont sont issus une partie des habitants de nos quartiers ?
 
            L'accès à la commande publique est une de nos préoccupations économiques. Ses règles ont été modifiées récemment. Comment pensez-vous soutenir les acteurs de l'Economie Solidaire afin qu'ils réussissent dans leur mission grâce à des tâches valorisant leur rôle ?
 
            Le « mieux vivre ensemble » a beaucoup été évoqué après les événements de l'automne 2005. Que proposez-vous pour remettre en confiance les habitants? Comment retrouver un équilibre entre prévention et police de proximité afin de recréer le lien avec les habitants? Quelle alternative proposeriez-vous à la politique essentiellement répressive constatée dans les quartiers populaires?
Connaissez-vous les expériences des Correspondants de nuit et, plus largement, des métiers de la médiation conduites par de nombreuses Régies de quartier?
 
            Pensez-vous que le droit de vote aux élections locales serait un moyen de reconnaissance de la citoyenneté des habitants qui n'ont pas la nationalité française (hors Union européenne) mais travaillent et résident en France depuis plusieurs années ?
 
            J’attend beaucoup de vos réponses. Elles nous permettrons de nous adresser à la représentation nationale pour faire avancer ces dossiers qui concernent notre quotidien.
 
Vous pourrez, si vous le souhaitez, me répondre directement sur le blog de LaPasserelle à l’adresse :
lapasserelle.over-blog.org
 
Je vous prie de croire, Madame, Monsieur le candidat, en ma considération républicaine.
 
 
 
 
                                                                                                                      Bernard LUCAS
Par Bernard LUCAS - Publié dans : Débats - Recommander
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Commentaires

Madame, Monsieur, J'ai bien pris connaissance de votre courrier électronique en date du 1er juin 2007 et vous en accuse bonne réception. Permettez moi tout d'abord de souligner l'importance que j'attache à votre association qui concourt à renforcer le lien social de nos quartiers et à améliorer le quotidien des citoyens. Vous m'avez interpellé sur plusieurs sujets. Le premier concerne le logement. Comme vous l'avez signalé, certaines communes ne respectent pas le seuil de 20% de logements sociaux fixé par la loi de Solidarité et de Rénovation Urbaine (SRU). L'actuel dispositif législatif de sanctions financières (article L. 302-7 du code de la construction et de l'habitation) doit être renforcé pour les communes dont le taux de logements sociaux est bien en deçà des 20%. Cette proposition avait d'ailleurs été reprise par Monsieur Jean-Louis BORLOO, ancien Ministre de la Cohésion Sociale et du Logement. Ainsi, la mixité sociale, c'est-à-dire la cohabitation de personnes de catégories socioprofessionnelles diverses, sera garantie. Sur Asnières plus spécifiquement, la Mairie et l'Etat ont investi plus de 150 millions d'euros dans les quartiers nord de la ville, à travers le programme national pour la rénovation urbaine, et qui va se concrétiser par plusieurs restructurations majeures comme la création de deux nouvelles stations de métro ou la création de zones pavillonnaires. Vous m'avez également interpellé sur le problème des discriminations. Je rejoins l'idée du Président de la République de faire de la lutte contre les discriminations une cause nationale. Il faut mettre en place des actions positives pour aider ceux qui rencontrent le plus de difficultés et cumulent les handicaps, en les fondant sur des diagnostics territoriaux de discriminations à divers niveaux (emploi, accès au logement, citoyenneté). Il convient de développer les Zones Franches Urbaines afin de créer de l'activité dans les quartiers et des emplois pour leurs habitants. Tous les acteurs et partenaires doivent être mobilisés, y compris les associations. Il faut démontrer que nos quartiers ont du talent en facilitant les formules de prêts à taux zéro pour les jeunes qui souhaitent créer leur entreprise. Il faut enfin passer à la vitesse supérieure concernant la lutte contre les discriminations et les sanctions encourues en renforçant les pouvoirs de la Halde. Concernant le problème du chômage, il faut le résoudre en libérant les énergies du travail. C'est par le travail qu'on crée des emplois. Il faut donc permettre à ceux qui souhaitent travailler davantage pour gagner plus de le faire. Nous créerons ainsi de nouvelles richesses susceptibles de favoriser la création d'emplois dans les entreprises. Je souhaite également encourager la création d'entreprises, les TPE et PME qui sont la richesse de notre économie. Enfin, il faudra accentuer les formations professionnelles pour les jeunes, notamment en développant la voie de l'alternance. Votre quatrième préoccupation concerne l'école. Je souhaite qu'aucun enfant sorte du système scolaire sans un minimum de savoirs, de connaissances et de culture. Parce que chaque élève est différent, il convient de lui proposer un parcours et un soutien individualisé et encadré. Il faut également mettre en place dans les établissements des études dirigées après 16h30 pour les familles qui le souhaitent. Pour les étudiants, il faut adapter le nombre de places dans chaque filière en fonction de la réalité des débouchés pour favoriser l'accès à l'emploi des jeunes. Car les études supérieures ne sont pas une fin en soi : elles doivent avant tout permettre l'acquisition d'un métier sur le marché du travail. C'est pourquoi il faudra également rapprocher l'université du monde du travail et évaluer ces dernières. Enfin, on ne peut pas prétendre rester compétitifs sans développer notre recherche : c'est pourquoi l'effort de recherche doit être nettement mieux valorisé, pour permettre notamment le retour des chercheurs français partis à l'étranger. A propos de la solidarité, c'est un principe auquel j'attache beaucoup d'importance. La solidarité, c'est, une fois encore, un élément clef sur lien social et du vivre ensemble. Pratiquement, en tant que Maire d'Asnières, j'ai toujours été à l'écoute des différentes associations et la Mairie apporte une aide matérielle, parfois financière, pour soutenir les milieux associatifs. Nous développons également à Asnières des réseaux d'échanges culturels avec plusieurs pays dans le monde. Nous organisons des évènements pour promouvoir la culture de certains pays, comme l'Egypte ou l'Iran. Vous m'avez aussi interpellé sur l'accès à la commande publique. Tout comme le Président de la République l'avait annoncé dans son programme, je souhaite qu'une partie des marchés publics soit réservée aux TPE et PME. Ainsi, nous favoriserons le développement du commerce de proximité qui fait la richesse de nos quartiers et de nos villes. Enfin, vous évoquez le « mieux vivre ensemble » dans nos quartiers. Il est vrai que les émeutes de novembre 2005 ont fait apparaître un vrai malaise dans nos banlieues. Je souhaite redonner le goût du partage, du respect et de la solidarité dans ces quartiers. Nous devons y mener une politique d'accompagnement des individus en difficulté mais il est tout aussi important de rétablir l'ordre de manière juste chaque fois que cela est nécessaire. J'espère avoir répondu à vos attentes. Restant à votre disposition, Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l'assurance de mes salutations les meilleures. Manuel AESCHLIMANN
Commentaire n°1 posté par Manuel AESCHLIMANN le 20/06/2007 à 04h57
Monsieur le président, Vous m'interrogez, en tant que candidat à l'élection législative, sur un certain nombre de sujets. Chacun est d'une grande importance et souvent d'une grande complexité et appellerait des réponses plus approfondies, mais j'ai souhaité toutefois vous indiquer en quelques phrases les pistes de réflexion que m'inspire chacun de ces sujets. Concernant le logement, j'ai eu l'occasion de prendre des positions très claires, dans le cadre de mon mandat de Conseiller Général, sur la question du respect de l'article 55 de la Loi SRU qui impose à toute commune le seuil de 20% de logements sociaux. Je pense qu'il faudrait, sur ce sujet, une volonté politique affirmée pour faire appliquer la Loi, mais au-delà, il me paraît nécessaire que l'Etat puisse intervenir en se substituant aux communes défaillantes pour lancer lui-même les programmes de logement nécessaires. La Loi sur le droit opposable ne prendra sens que si elle s’appuie sur un nombre important de constructions nouvelles. Concernant la mixité sociale, je crois que tout doit être mis en oeuvre pour y tendre. Cela passe par la construction de quelques programmes d'accession privés dans les quartiers qui connaissent une forte concentration de logements sociaux, mais inversement il est indispensable de créer des petits programmes de construction d'habitat social dans les centres villes, en particulier en utilisant les procédures d'acquisition/réhabilitation d'immeubles anciens souvent dégradés. La diversité et la mixité passent aussi par le développement de logements -si possible intégrés dans des programmes classiques- adaptés à certaines catégories; je pense aux logements pour les étudiants, aux personnes handicapées, aux personnes âgées semi dépendantes, aux logements d'urgence, etc... Enfin, je crois nécessaire de faire en sorte que tout programme privé nouveau intègre obligatoirement 20% de logements sociaux en son sein. La discrimination est certainement un des sujets les plus difficiles à combattre dans la mesure où il passe par un changement de mentalité, un changement de regard sur l’autre. Toute approche visant à caractériser une population, à la stigmatiser, à l’utiliser comme bouc émissaire doit être combattue. Je crois qu’il est de la responsabilité des acteurs publics de tout faire pour mettre en valeur les richesses humaines, les réussites individuelles et les actions collectives qui existent dans nos quartiers…tout faire pour contribuer à changer les regard mais aussi sanctionner sévèrement les discriminations avérées. Dans le domaine de l’emploi, je suis favorable à une aide forte en direction des petites entreprises, dont le commerce et l’artisanat. Il y a là un gisement d’emplois important pour peu qu’on allège de façon très significative les charges sur les nouveaux emplois ; il y a lieu également de permettre à ces PME –voire TPE- d’embaucher et de licencier beaucoup plus facilement, tout en garantissant et en sécurisant les parcours professionnels. Une telle démarche serait de nature à revivifier le tissu de l’emploi local. La deuxième action forte dans ce domaine est liée à la question de l’école et plus généralement de la formation. Un plan d’urgence doit être mis en place pour les quelques établissements scolaires réputés pour connaître les plus graves difficultés (baisse nette des effectifs, renforcement des moyens en personnel de surveillance et d’aide aux élèves en difficulté, mise en place de filières d’excellence en ZEP, liens entre établissements et entreprises locales…). Il faut également développer tout ce qui peut permettre aux jeunes en échec de se remettre dans un cursus de formation. Je trouve trop faibles les dispositifs de type école de la deuxième chance. Ils doivent être développés dans le cadre d’une conception de la formation tout au long de la vie. La solidarité est par définition une notion qui doit se développer en proximité. Dans ce domaine, c’est, je le crois, la Mairie qui peut jouer le mieux le rôle de facilitateur en permettant que les associations locales remplissent au mieux leur travail autour du lien social et de l’entraide. Toutefois au niveau national deux mesures me tiennent à cœur dans ce domaine : la réimplantation d’emplois jeunes ou emplois tremplins au bénéfice des associations dont la gestion est souvent lourde, et la reconnaissance du statut des bénévoles débouchant sur des possibilités de reconnaissance des acquis et sur des possibilités de formation. Je suis tout à fait favorable et depuis longtemps au droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales, moyennant une durée de résidence en France. La question de l’accès à la commande publique est un sujet que je connais mal sur le plan légal. Je sais les problèmes qui se posent en terme de concurrence mais aussi de lourdeur des réponses aux appels d’offre mais je ne connais pas suffisamment l’état de la législation en la matière pour voir comment il est possible de favoriser des associations. Je suis, sur le principe, convaincu de la nécessité de favoriser le développement de l’économie solidaire et donc de pouvoir lui faire une place important à côté de structures fonctionnant strictement sur des bases de profit. Enfin concernant les questions de prévention, de sécurité et du vivre ensemble, elles doivent être abordées dans un climat de confiance. La dimension répressive est indispensable mais elle doit intervenir sans bafouer a dignité des personnes. Le contact avec une partie de la jeunesse est à reconstruire. La police de proximité est indispensable pour jouer ce rôle de dialogue. La méfiance qui s’est installée aujourd’hui dans certains quartiers est préjudiciable à l’équilibre de notre société. Il faut lancer aux jeunes un message d’espoir et tendre le plus possible la main à tous ceux, et ils sont nombreux, qui veulent s’en sortir et non comme cela est fait trop souvent leur adresser un message de défiance. Cela passe par l’attitude et le rôle des forces de police mais aussi par la définition de politiques municipales qui associent les jeunes, qui comptent sur eux, qui valorisent les parcours positifs et qui aident davantage ceux que la vie n’a pas aidés. Voilà quelques réactions bien trop courtes à des sujets dont je l’espère, nous pourrons reparler lors de rencontres ultérieures. Bien cordialement, Philippe SARRE
Commentaire n°2 posté par Philippe SARRE le 08/06/2007 à 08h36
A l'attention de Monsieur Bernard LUCAS Président de la Passerelle, Régie de Quartier du Petit Colombes Monsieur le Président, J'ai bien reçu votre courrier dans lequel vous interpellez les candidats aux élections législatives dans la 1ère circonscription des Hauts-de-Seine. Vous posez des questions essentielles auxquelles j'ai été confronté dans mes travaux au Parlement, notamment en tant que vice-président de la commission des Affaires sociales du Sénat. Notre société est en crise et cela n’est pas un fait nouveau. Cette crise perdure depuis bientôt trente ans et a atteint notre pays dans ses profondeurs, dans ses structures mêmes. Le chômage, la chute du niveau de vie de la plus grande masse, l’accroissement des inégalités, en découlent. Suivent les conséquences bien connues, une société à plusieurs vitesses, le plus grand nombre rencontrant des difficultés croissantes dans l’accès aux soins à la protection sociale, aux études et à la culture, au logement, à la sécurité. Nous sommes aujourd’hui confrontés à une urgence sociale. Cette urgence concerne bien entendu en premier les populations les plus exposées au mal-vivre de ce début de XXIème siècle qui aurait dû être celui d’un progrès au service de tous, mais aussi et surtout, concerne notre société toute entière. C’est bien la politique nationale qui est à l’origine de la montée des inégalités en France. Cette poussée se concrétise au niveau local. L’écart se creuse entre villes riches et villes confrontées à de graves difficultés sociales. Comment accepter qu’une ville comme Neuilly-sur-Seine, dont Nicolas SARKOZY a longtemps été le maire, n’accepte que 2,5% de logements sociaux alors que près d’un habitant sur cinq paie l’ISF contre 1 pour 1000 à Saint-Denis. Les inégalités en France sont là : 60% des salariés, tous secteurs confondus, gagnent moins de 1600 euros net par mois. 47% des familles monoparentales ont des revenus inférieurs au seuil de pauvreté avant le versement des diverses allocations. Comment ne pas percevoir le scandale que représente l’envolée du CAC 40 - 100 milliards d'euros de profits en 2006 - au regard de la stagnation, voire la régression des salaires, souvent rognés par l’augmentation des cotisations sociales. Les primes de départ de plusieurs millions d’euros pour certains PDG ne sont-elles pas autant d’insultes pour les milliers de salariés qui ne savent comment régler les factures de fin de mois ? Les quartiers difficiles, ce sont avant tout des vies difficiles, le reflet d’une société dure pour le peuple et généreuse pour ceux qui ont déjà beaucoup. Il faudra s’attaquer à ce système qui permet une croissance sans frein des revenus du capital et bride les revenus du travail. Des lois de finances qui, systématiquement, favorisent les plus hauts revenus, la baisse de l’impôt favorisant les plus riches, des réformes qui sont de terribles régressions, celles des retraites et de l’assurance maladie. Seuls les plus aisés pourront vieillir dignement et se soigner dans de bonnes conditions. Les lois de décentralisation libérales qui cassent l’ossature des besoins publics, brise l’unicité de la République et mettent en concurrence les territoires. Comment lutter pour l’amélioration de la situation dans certains quartiers alors que l’on accepte de jeter aux orties l’idée même de solidarité nationale ? L’anarchie croissante dans le domaine des télécommunications, la désintégration du service public de l’audiovisuel, les suppressions massives de postes dans l’éducation nationale, sont-elles des bonnes nouvelles pour les quartiers difficiles ? Enfin, les menaces à peine voilées contre les services publics de transports sont-elles des bonnes nouvelles pour les quartiers difficiles ? Ces réformes de fond, encadrées par un processus de stigmatisation des populations concernées arguent mal d’une volonté de s’attaquer aux racines des problèmes, bien au contraire. AUSSI je souhaite vous faire part quelques grands axes et mesures qui, à mon sens, apporteraient une réponse cohérente aux difficultés des villes et quartiers. Dans le domaine de l’emploi et du pouvoir d’achat, il faut porter un coup à la précarité, tant dans le public que le privé. Cela commence par l’abrogation du CNE et l’augmentation du SMIC à 1500 euros. Je propose également la création d’une allocation autonomie pour les jeunes de 18 à 25 ans ainsi que l’obligation immédiate de l’égalité professionnelle et salariale entre les hommes et les femmes. Lutter contre toutes les discriminations constitue un second objectif fondamental. Cette lutte doit intervenir dans le domaine du logement, de l’éducation, de l’emploi, des salaires, de la culture. Les sanctions contre toutes discriminations liées au sexe, aux origines, aux lieux d’habitation, aux opinions ou aux croyances, devront être renforcées. Il faut, une fois pour toute, accorder le droit de vote et d’éligibilité aux élections locales pour les citoyens étrangers non communautaires. Troisième objectif, le droit au logement. Il faut imposer un droit opposable au logement. Parmi les nombreuses propositions que je formule sur ce point, j’insiste sur l’absolue nécessité de construire 600.000 logements sur 5 ans à loyers modérés, PLUS et PLAI. Il apparaît nécessaire de tripler les sanctions contre les communes qui ne respectent pas l’obligation de 20% de logements sociaux et établir l’inéligibilité des maires qui ne respectent pas la loi SRU. J'estime nécessaire de rendre obligatoire la création d’un poste de gardien d’immeuble pour 100 logements. Quatrième objectif : le développement des transports collectifs. L’Etat doit réinvestir dans leur financement. La gratuité pour les demandeurs d’emplois, le désenclavement de quartiers aujourd’hui isolés et lutter contre la déshumanisation de ce service public sont parmi nos principales propositions. Cinquième objectif : l’école et la formation. Accroître l’accueil dès 2 ans à la maternelle, créateur de postes, de médecins et d’infirmières et psychologues scolaires, obligation de l’accueil des élèves en stage ou en formation en alternance dans les entreprises de plus de vingt salariés, le renforcement du lien entre famille et école et la revalorisation des bourses universitaires nationales constituent certaines mesures d’urgence pour permettre l’accès à la formation. Sixième objectif : donner les moyens aux collectivités territoriales de faire face. La politique de contrat de ville menée dans les quartiers difficiles est de plus en plus directement supportée par les budgets des communes concernées, comme l’attestent les statistiques. Cette évolution doit être inversée. Septième objectif : la sécurité doit être fondée sur un axe qui allie prévention, concertation et sanction dans le respect des principes républicains. C’est bien entendu l’axe préventif qui est aujourd’hui à l’abandon et ce rapport est un désaveu cinglant de la politique de l'ex-Ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. Il est urgent de rétablir la police de proximité. Ce ne sont pas les CRS ni les BAC qui pourront rétablir le contact au quotidien dans les cités les plus difficiles. J’estime nécessaire de prendre à contre-pied la politique de l'UMP qui a utilisé la désespérance des cités, attisé les conflits comme fond de commerce électoral. Un effort doit être effectué pour rétablir les effectifs de police et de gendarmerie dans les villes et quartiers difficiles et assurer leur maintien permanent ainsi que leur formation. Il faut avoir conscience que dans tous les commissariats de ces villes dites sensibles, il manque entre 20 et 30% des effectifs. A Gennevilliers, il manque 35 fonctionnaires. La justice, quant à elle, doit recevoir en urgence les moyens pour mettre immédiatement en application les mesures prononcées par les tribunaux pour enfants. LES propositions dont je viens de vous faire part ne relèvent pas de l’utopie. Elles s’inscrivent dans une approche radicalement différente de la politique économique et sociale à mener dans notre pays. Pour répondre à l’urgence sociale, pour éviter une fracture définitive dans notre société, il faut diriger les richesses, qui sont immenses, vers la résolution des problèmes que vous soulignez. Cette redistribution des richesses constituerait une rupture, une vraie, avec une politique, celle qui sévit depuis cinq ans, qui sert les plus riches, les intérêts privés d’une élite financière au détriment de l’intérêt général, de l’intérêt du peuple. J'espère avoir répondu à vos attentes légitimes d'acteur de la vie locale et vous invite à consulter mon blog pour si vous souhaitez disposer d'éléments de programme complémentraires: www.muzeau-fritsch.ovh.org Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l'expression de mes sentiments entièrement dévoués. Roland MUZEAU, Candidat de rassemblement à gauche dans la 1ère circonscription des Hauts-de-Seine
Commentaire n°3 posté par Roland MUZEAU le 06/06/2007 à 18h10
Bonsoir, Comme candidat aux élections législatives, j'ai reçu le courrier de M Lucas. Vous avez pris la peine de m’écrire, comme aux autres candidats, il me paraît naturel de vous répondre. Mais, je vous préviens à l’avance que ma réponse ne va probablement pas vous satisfaire et qu’en tout cas, elle sera différente de tous les autres qui vont s’empresser de dire oui à vos sollicitations. Je pense qu’il vous sera difficile de comprendre ce que je vous réponds, car, comme le dit l’un de mes amis, nous vivons une période où règne “l’antemarxisme”, comme si les idées socialistes n’avaient jamais existé. Communistes, mon parti est un vrai parti révolutionnaire, (rien à voir, par exemple avec le PCF). Alors voilà : Nous pensons que les régies de quartier et tous les dispositifs d’insertion, et ceci sans remettre en cause l’enthousiasme et le dévouement des bénévoles, n’ont qu’un but et qu’une utilité : intégrer celles et ceux qui en sont le plus victimes à la société capitaliste, la leur rendre un tout petit peu humaine afin qu’ils l’acceptent, qu’ils baissent les bras. A Communistes, nous sommes dans une optique tout à fait différente, nous ne voulons plus de cette société, nous en voulons une autre, dans laquelle la règle ne serait pas le taux de profit gagnable par les patrons et les actionnaires, dans laquelle le chômage, la précarité et la mal-vie ne seraient pas une fatalité à réguler. Pour nous, il n’y a qu’une solution, une société socialiste, au vrai sens du terme, c’est à dire sans patron, sans un seul homme qui ait le droit au vu et au su de tout un chacun de gagner des sommes énormes sur le fruit du travail des autres et qui ait le droit de les jeter à la rue quand ils lui coûtent un peu trop. Il y a belle lurette que, sans les dispositifs d’insertion et l’école, dont vous parlez, et qui joue le même rôle, un tas de gens se seraient révoltés contre cette société. S’agissant du logement, je dois vous dire que la “mixité sociale” n’est pas notre préoccupation. En revanche, le fait qu’il manque à peu près 3 millions de logements sociaux l’est. En cinq ans, les profits ont augmenté de 72 %. En un an, 300 milliards d’euros se sont envolés ; en 2006, les plus grandes entreprises ont encaissé plus de 100 milliards de profit ; les moyennes entreprises ont augmenté les leurs de 21% ; 153 milliards ont été distribués aux actionnaires en une seule année ; 148 milliards ont été gaspillés en fusions-acquisitions. Avec cet argent, on pourrait construire de quoi loger ceux qui ne le sont pas et ceux qui le sont mal. Reste la question de la pénalisation de Neuilly qui est l’exemple même de la commune qui n’a pas de logements sociaux. Là encore, ce n’est pas la question. Si l’on demandait aux mal logés des villes ouvrières, il serait facile de réaliser que ce n’est pas à Neuilly qu’il veulent vivre, mais à Gennevilliers ou Villeneuve, ou encore aux Fossés-Jean de Colombes. Dans la ville de Gennevilliers, où je vis et suis enseignant depuis vingt ans, je vois partir des familles ouvrières, précaires depuis presque dix ans de manière continue et maintenant accélérée. Voilà le vrai problème. Au nom de la mixité sociale dont vous vous réclamez, on chasse les familles des milieux ouvriers de Gennevilliers de leur logement en détruisant près de la moitié des logements de la plus importante cité populaire de la ville. Je suis, nous sommes, à Communistes, fermement opposés à ce type de mesures. Nous avons appelé à voter non au referendum organisé par la municipalité à ce sujet, referendum truqué, parce qu’il donnait la parole non pas aux seuls habitants de la cité mais à tous ceux du quartier, notamment aux gens des classes moyennes, qui, dans un réflexe de protection qui rappelle que c’est sur ces mêmes classe moyennes que les fascistes des années 30 ont fait leur lit, ont voté pour “chasser la canaille” ; comme quoi, la mixité sociale ne plait que quand elle satisfait les désirs de “la frange dominée de la classe dominante”. Si j’étais élu député, la première chose que je ferais serait de voir quel moyen est en ma possession pour arrêter tout de suite cette destruction. Quand il manque des millions de logements sociaux, ce n’est pas le moment d’en détruire 317. S’agissant du chômage, la seule mesure à prendre est de supprimer les patrons : leur but est d’augmenter leur profit ou de l’empêcher de baisser, la fameuse “baisse tendancielle du taux de profit” dont parlait Marx les mine. Sans eux, avec une logique qui ne serait pas celle du marché, mais seulement celle de savoir comment produire des richesses pour que tous aient un travail, la santé gratuite, la retraite, etc..., il n’y aurait pas de problème de ce type. Quant à l’école, là aussi il y a maldonne entre votre discours qui vante la société capitaliste et le nôtre qui est de la détruire. L’égalité des chances ou encore l’ascenseur social ne sont jamais que des paravents pour cacher que ce que l’on appelle l’école de la République n’a jamais eu d’autre but que de faire accepter la société capitaliste à tous ceux qui ont intérêt à la renverser ; « Je clos l’ère des Révolutions », disait Jules Ferry en faisant adopter ses lois en 1881 et 1882. Je sais de quoi je parle, je suis dedans. Les enfants qui apprennent vraiment à lire, c’est à dire les 15 % [dernier chiffre officiel du ministère, datant de 1999, depuis ils ne sont plus publiés] qui, à l’évaluation 6ème, savent trouver de l’implicite dans un texte, c’est à dire comprendre ce que l’auteur veut dire, autrement dit avoir les moyens d’un esprit critique, le font sans, voire malgré l’école, qui continue de les former à psalmodier des sons, ce qui fait qu’au bout de trois lignes “lues”, ils ont oublié le début de la première. On les formate ainsi pour qu’ils ne remettent pas en cause la société. On leur parle de citoyenneté ; qu’est-ce que ce concept : le respect absolu et intégral d’une société qui détruit leur vie. Les échanges avec les pays d’immigration ancienne sont marqués, même chez ceux qui sont “de gauche” par le réflexe néocolonial : « on va les aider, leur montrer comment il faut faire. » Le sentiment de supériorité de la société capitaliste de l’ouest de l’Europe transparaît dans ces œuvres pies. Pire est l’attitude qui prévaut face à la Palestine, un pays occupé depuis 1967 par une puissance étrangère et colonisatrice dont les méfaits s’allongent jour après jour. Je profite donc de votre tribune pour dire que nous sommes pour l’application de la résolution 242 de l’ONU : Israël derrière ses frontières de 1967 et Jérusalem est, la Cisjordanie et Gaza aux Palestiniens, ou, mieux encore, un Etat unique et laique. Nous ne croyons pas à l’économie solidaire. Là encore, il s’agit d’un leurre. Les patrons qui bénéficient du commerce équitable, notamment au Brésil, ont en moyenne multiplié par vingt leur plus-value : tout en augmentant les salaires de leurs ouvriers, ils ont gagné infiniment plus. La seule économie sociale c’est l’économie socialiste, où les grands moyens de production et d’échange sont entre les mains des ouvriers, et où personne ne tire de la plus value de la force de travail de ses employés. La police est un organisme de répression, destiné à défendre la propriété privée des moyens de production. Le subtil distinguo entre police de proximité et “police d’éloignement”, je suppose, nous échappe. Quel que soit le sentiment personnel de chaque individu qui la compose, la police est une force de répression, au service des possédants. Nous la réprouvons donc. Nous sommes , pour finir, favorables au vote de tous les gens qui vivent en France aux élections locales, et même nationales. Mais, sans illusion aucune sur l’importance réelle des élections, car « Décider périodiquement, pour un certain nombre d’années, quel membre de la classe dirigeante foulera aux pieds, écrasera le peuple au Parlement, telle est la véritable essence du parlementarisme bourgeois. » (Lénine “l’Etat et la Révolution”). Lucides sur le résultat des élections, nous n’en rejetons pas pour autant le principe, car elles servent aussi à « Mesurer le rapport de force du mouvement ouvrier » Engels “L’origine de la propriété privée, de la famille et de l’Etat”) et nous permettent de nous adresser à beaucoup de gens que nous ne joindrions pas autrement. Mais notre avis fondamental est que, pour gagner plus de logements, moins de chômage, moins de discriminations, etc.., seule la lutte des travailleurs, qu’ils aient un emploi ou en soient privés, comptera. Cordialement, Jean Grimal, candidat de Communistes dans la 1ère circonscription des Hauts-de-Seine
Commentaire n°4 posté par Jean Grimal le 03/06/2007 à 01h16
Madame, Monsieur je suis sensible à vos préoccupations, et je voudrai vous faire partager ma vision de la société. Vous attirez mon attention sur le respect de la loi SRU qui à mon sens peut incarner le cas que ce fait le premier magistrat de la ville de la Loi qui, je le rappel s'applique à tous. Le maire doit respecter la Loi et s'il ne le fait pas doit être suspendu par le Préfet qui devra appliquer la Loi et procéder à un nouveau scrutin. En effet, et cela va dans le sens de ma vision plus responsable et professionnel du politique, celui qui ne fait pas son travail est démis et ne peut se représenter. Evidemment cela dérange car concerne pas mal d'homme politique en France... Pour faire court le Logement doit être une des deux priorités du Législateur pour cette prochaine mandature avec l'emploi. L'emploi, précaire, l'emploi sous payé, l'emploi exploitant de la jeunesse (stage non rémunéré et autres contrats au noir) et de la misère. La relation du citoyen (notez bien qu'il ne sera pas question pour moi de faire une distinction quelconque entre quelqu'un issu d'un quartier sensible ou d'un quartier lambda, ni même dune origine lointaine et riche en culture pourvu le même désire d'appartenance à la communauté et donc de la Nation), de la Nation par son représentant (le député) et les associations qui sont un lien idéal (qu'avez compris nos aïeuls en 1901). La solidarité se manifeste également par l'intermédiaire de ces associations mais doit tendre à disparaître: les Restos du Cœurs ont 20ans!!! C'est une honte!!! Dans un pays qui se prétend riche aucun homme ne devrait avoir à compter sur la générosité des autres car cela prouve que le système est inégal. La richesse ici présente (et qui peut l'être encore bien plus) est mal valorisé, et mal redistribuer. A ça d'ajouter que ce ne devrait pas être à l'Etat de rappeler les principes de solidarité mais il faut bien Eduquer... Eduquer justement, un mot qui n'à plus de sens alors qu'il est la base à toute civilisation, Apprendre à lire à Ecrire, mais aussi à respecter autrui, la Loi, et la Vie. Respecter autrui c'est savoir qu'une arme à feu peu tuer, que la drogue est le pire ennemie que l'on puisse trouver, qu'exprimer une penser est juste et légitime, que la démocratie passe par le désire du plus grand nombre. L'hégémonie sécuritaire est symptomatique, la peur sert les causes extrêmes, que chacun réfléchisse à la place qu'il occupe dans la société, à la place que ses enfants auront à y jouer! Je suis conscient que ces mot restes succincts est vague, à charge pour moi de vous les expliquer plus en détail si vous voulez bien me soumettre (et cela va dans le sens d'une coopération effective que j'entend mettre en place avec vos associations -avec lesquelles je me mettrai en rapport si vous voulez bien me laisser vos coordonnées- comme avec celle avec lesquelles je travail déjà sur vlg) car elle seront pour moi un outil de travail inestimable. Cordialement, Alexandre KADUR
Commentaire n°5 posté par Alexandre KADUR le 01/06/2007 à 23h32

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